Périclès
« Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage »
Picabia
« Un esprit libre prend des libertés même à l’égard de la liberté »
Maxime Gorki
« Pour un artiste, la liberté est aussi indispensable que le talent et l’intelligence »
Les enfants du soleil
Antonio de Oliveira Salazar
« Il ne peut y avoir de liberté contre la vérité, il ne peut y avoir de liberté contre l’intérêt commun » Principes d’action
Pierre Reverdy
« Ce n’est pas tellement de liberté qu’on a besoin, mais de n’être enchaîné que par ce qu’on aime »
Le livre de mon bord
Marcel Proust
« « Même si l’adhésion de Mme Bontemps ne suffit pas, si Albertine ne veut pas obéir à sa tante et pose comme condition de son retour qu’elle aura désormais sa pleine indépendance, eh bien ! quelque chagrin que cela me fasse, je la lui laisserai ; elle sortira seule, comme elle voudra. Il faut savoir consentir des sacrifices, si douloureux qu’ils soient, pour la chose à laquelle on tient le plus et qui, malgré ce que je croyais ce matin d’après mes raisonnements exacts et absurdes, est qu’Albertine vive ici. » Puis-je dire, du reste, que lui laisser cette liberté m’eût été tout à fait douloureux ? Je mentirais. Souvent déjà j’avais senti que la souffrance de la laisser libre de faire le mal loin de moi était peut-être moindre encore que ce genre de tristesse qu’il m’arrivait d’éprouver à la sentir s’ennuyer, avec moi, chez moi. Sans doute, au moment même où elle m’eût demandé à partir quelque part, la laisser faire, avec l’idée qu’il y avait des orgies organisées, m’eût été atroce. Mais lui dire : prenez notre bateau, ou le train, partez pour un mois, dans tel pays que je ne connais pas, où je ne saurai rien de ce que vous ferez, cela m’avait souvent plu par l’idée que par comparaison, loin de moi, elle me préférerait, et serait heureuse au retour. « Ce retour, elle-même le désire sûrement ; elle n’exige nullement cette liberté à laquelle d’ailleurs, en lui offrant chaque jour des plaisirs nouveaux, j’arriverais aisément à obtenir, jour par jour, quelque limitation. Non, ce qu’Albertine a voulu, c’est que je ne sois plus insupportable avec elle, et surtout — comme autrefois Odette avec Swann — que je me décide à l’épouser. »
…
« Et cependant, comme j’aurais menti maintenant si je lui avais écrit, comme je le lui disais à Paris, que je souhaitais qu’il ne lui arrivât aucun accident ! Ah ! s’il lui en était arrivé un, ma vie, au lieu d’être à jamais empoisonnée par cette jalousie incessante, eût aussitôt retrouvé sinon le bonheur, du moins le calme par la suppression de la souffrance.
La suppression de la souffrance ? Ai-je pu vraiment le croire ? croire que la mort ne fait que biffer ce qui existe et laisser le reste en état ; qu’elle enlève la douleur dans le cœur de celui pour qui l’existence de l’autre n’est plus qu’une cause de douleurs ; qu’elle enlève la douleur et n’y met rien à la place ? La suppression de la douleur ! Parcourant les faits divers des journaux, je regrettais de ne pas avoir le courage de former le même souhait que Swann. Si Albertine avait pu être victime d’un accident, vivante, j’aurais eu un prétexte pour courir auprès d’elle, morte j’aurais retrouvé, comme disait Swann, la liberté de vivre. Je le croyais ? Il l’avait cru, cet homme si fin et qui croyait se bien connaître. Comme on sait peu ce qu’on a dans le cœur. Comme, un peu plus tard, s’il avait été encore vivant, j’aurais pu lui apprendre que son souhait, autant que criminel, était absurde, que la mort de celle qu’il aimait ne l’eût délivré de rien. »
A la recherche du temps perdu
Nelson Mandela
« Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté. L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité »
Un long chemin vers la liberté
«Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’a d’autre choix que de répondre par la violence.»
« Notre peur la plus profonde n'est pas d'être nul et incapable.
Notre peur la plus profonde, c'est d'être puissant au-delà de toute mesure.
C'est notre Lumière, pas notre ombre qui nous effraie le plus.
Nous nous demandons :
Qui suis-je pour être brillant, talentueux, génial ?
Mais la vraie question devrait dire :
Qui êtes-vous pour ne pas l'être ?
Vous êtes un enfant de Dieu.
Rester jouer dans votre école maternelle, n'offre aucun service au monde d'aujourd'hui.
Il n'y a rien de saint ou d'illuminé à vous rétrécir, et à vous cacher pour ne pas insécuriser votre entourage.
Nous sommes nés pour manifester la gloire de Dieu qui est en nous.
Ce n'est pas limité à certain, c'est en nous tous.
Quand nous laissons briller notre lumière, les autres ressentent inconsciemment la permission de faire de même.
Quand nous nous libérons de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres.
(extrait du discours de Nelson Mandela lorsqu’il devient Président de la République d'Afrique du Sud en 1994)
Rabindranàth Tagore
« Sortir des limites de notre sensibilité et de notre vision mentale, et atteindre à une liberté plus vaste, telle est la signification de l’immortalité. »
L’Inde et son âme
Paul Eluard
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom
Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom
Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom
Sur l'absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté, 1942
Poésie et vérité 42
Khalil Gibran
« Et un orateur dit:
Parle-nous de la Liberté.
Et il répondit:
Je vous ai vus vous prosterner à la porte de la cité et dans vos foyers pour adorer votre propre liberté,
Tels des esclaves qui s'abaissent devant un tyran et le louent bien qu'il les fasse périr.
Oui, dans le jardin du temple et à l'ombre de la citadelle, j'ai vu les plus libres d'entre vous porter leur liberté comme un joug et des liens.
Et mon coeur saigna intérieurement; car vous êtes seulement libres lorsque le désir même de la quête de liberté devient un harnais et que vous cessez de faire de la liberté un but et un accomplissement.
Vous ne serez pas libres même si vos jours s'écoulent sans souci et vos nuits sans besoin et sans peine,
Mais, bien plutôt, lorsque ces choses vous enserrent et que, malgré tout, vous vous élevez au-dessus d'elles, dépouillés et détachés.
Et comment vous élèveriez-vous au-dessus de vos jours et de vos nuits sans briser les chaînes que vous avez forgées dès l'aube de votre entendement et ferrées à l'heure de votre midi ?
En vérité, ce que vous appelez liberté est la plus solide de ces chaînes, même si ses maillons brillent au soleil et éblouissent vos yeux.
Et pour devenir libres, de quoi voulez-vous vous défaire sinon de fragments de vous-mêmes ?
Si vous voulez abolir une loi injuste, dites-vous que cette loi a été écrite de votre propre main sur votre propre front.
Vous ne pouvez l'effacer en brûlant tous vos livres de lois ni en lavant les fronts de vos juges, même en déversant sur eux la mer entière.
Et si vous voulez détrôner un despote, assurez-vous d'abord que son trône érigé en vous-mêmes est bien détruit.
Car comment un tyran peut-il dominer des êtres libres et fiers sans en appeler à une tyrannie dans leur propre liberté et à une honte dans leur propre fierté ?
Et si vous voulez éloigner un souci, sachez que ce tracas a été choisi par vous plutôt qu'imposé.
Et si vous désirez chasser une frayeur, sachez que le siège de votre peur est dans votre coeur et non dans la main de l'effroi.
En vérité, toutes les choses se meuvent en vous en une constante demi-étreinte de la désirée et de la redoutée, de la détestée et de la chérie, de la recherchée et de celle que vous fuyez.
Ces choses se meuvent en vous comme des jeux de lumières et d'ombres entrelacées.
Et lorsque l'ombre s'estompe et s'évanouit, la lumière qui persiste devient l'ombre d'une autre lumière.
Et ainsi en est-il de votre liberté lorsqu'elle perd ses chaînes pour devenir elle-même la chaîne d'une plus grande liberté. » Le Prophète
Extraits choisis et rassemblés par Plumetis